Comment mieux vivre nos deuils

Le deuil fait partie de la vie

Nous sommes tous sans exception confrontés à plusieurs deuils au cours de notre vie, et cela dès notre plus jeune âge

La définition du deuil est la suivante :

peine éprouvée suite au décès de quelqu’un

Synonymes: affliction ,chagrin 

,Mais, on dit «  Faire son deuil » (de quelqu’un ou quelque chose) C’est se résigner à en être privé

Autrement dit, le deuil au sens élargi, signifie la perte de quelque chose aussi bien que de quelqu’un

Le deuil est lié à un sentiment de perte et de manque à des degrés divers :

un lien, un attachement, s’est rompu , il s’agit littéralement d’une blessure psychologique qui entraîne de la souffrance parfois plus intense qu’une blessure physique.

Quand on parle de deuil, on a en tête la perte d’un être cher.

Mais ce sentiment de deuil est beaucoup plus souvent présent dans notre vie que nous en avons conscience.

Souvent nous pouvons éprouver le même type de sentiment sans le relier au deuil parce qu’il ne s’agit pas de la perte d’un être aimé.

Nous pouvons vivre des deuils dans tous les domaines de notre vie.

Amoureux :.rupture sentimentale, perte d’un époux ou d’une épouse

Amical : éloignement d’un ami.

Familial : perte d’un membre de notre famille.

Perte d’un animal : Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, parce qu’en plus de la douleur, il arrive que les personnes ayant perdu un animal se sentent incomprises de leur entourage

https://eficoach.fr/blog/wp-content/uploads/2019/12/350-chien.jpg.

Professionnel : perte de notre emploi.

Nous avons parfois à faire le deuil d’objets : Pensez à la difficulté qu’a l’enfant à se séparer de sa sucette ou de son doudou !

Pensez à ce vieux canapé si confortable que vous avez dû vous résigner à changer !

Le deuil de notre lieu de vie

si nous en changeons et même si ce changement est souhaité, nous laissons derrière nous tout un vécu, des habitudes, un cadre qui nous rassure.

Ce n’est pas anormal d’en souffrir. Ne vous faites pas de reproche. Non, vous n’êtes pas ridicule, vous êtes juste humain(e) !

Le deuil d’une situation

Il Intervient plus ou moins à chaque changement important de la vie.

C’est pourquoi il est très important d’apprendre à gérer nos émotions et nos sentiments lors d’un deuil.

Quand nous sommes enfants, nous ne pouvons que subir la douleur éprouvée. Devenu adulte nous pouvons comprendre le processus ce qui nous rassure, et même si la douleur est présente, mieux la supporter.

L’impact psychologique du deuil est particulièrement marqué :

 Les instruments d’évaluation des événements de vie (EV – « life events ») situent ainsi le deuil parmi les EV les plus stressants.

Les conséquences psychologiques du deuil varient toutefois beaucoup d’un sujet à l’autre.

elles dépendent notamment du type de deuil, et dans le cas de la perte d’un être cher, des conditions du décès, et surtout des liens affectifs qui unissaient le décédé et l’endeuillé.

 On considère ainsi que la perte du conjoint fait partie des événements ayant le plus fort retentissement psychologique.

Cette perte peut arriver à l’occasion d’un divorce et pas seulement avec le décès du conjoint..

 Elle est d’autant plus douloureuse en cas de décès que celui-ci est consécutif à un suicide, la perte d’un enfant se situant au même niveau de sévérité que dans ce dernier exemple.

 L’impact psychologique du deuil est également lié aux conséquences de la perte, Manque de support affectif, financier, relationnel, etc.

Pour faire face aux deuils de notre vie et les traverser le plus sereinement possible, il est important de

Connaitre le processus et comprendre ce qui nous arrive.

Car il n’y a pas que la souffrance de la perte et du manque. Nous pouvons passer par différentes phases émotionnelles et ne comprenant pas ce qui nous arrive nous nous en sentons coupable ou nous en avons honte, ce qui se rajoute encore à notre souffrance.

C’est le Docteur Elisabeth Kubler-Ross (1926-2004), psychiatre américaine d’origine Suisse, qui a découvert le processus du deuil.

Elle a pu mener ses études en travaillant au sein d’unité qui prenaient en charge les personnes en fin de vie. On ne parlait pas alors de soins palliatifs.

Elisabeth kubler-Ross était une personne extraordinaire et je vous encourage vivement à lire ses ouvrages.

« Il n’y a pas d’erreurs, pas de coïncidences, tous les événements sont des bénédictions qui nous sont données pour que nous en tirions des leçons » E.KR

Voici les étapes principales du processus du deuil

NB :Voici le lien du site où figure cette image .Il y en a pléthore sur le net mais celle-ci me semble claire.

Ce sont des états émotionnels que l’on peut traverser en cas de deuil.

On trouve ce schéma avec de légères variantes.

Ce tableau indiquait, à l’origine, les étapes que le patient franchit quand il est en fin de vie. Le patient fait le deuil de sa vie.

Mais les personnes qui restent, et plus largement toutes les personnes confrontées à un deuil doivent passer par un processus plus ou moins similaire, les émotions variant en intensité selon l’importance du deuil.

Et l’on peut même dire qu’on retrouve un processus similaire chaque fois qu’on est confronté(e) à un changement majeur. D’où la large diffusion du modèle D’Elisabeth KR avec des variantes.

Pour la commodité de l’exposé, les états sont placés selon l’ordre le plus fréquemment observé.

NB: Cependant, la succession de ces états ne se produit pas toujours dans le même ordre, et tout le monde ne passe pas par tous ces états.

C’est un processus propre à chacun.

La première étape est l’état de choc ;

On ne réalise pas bien ce qui se passe.

L’étape suivante est le déni.

On refuse de croire au décès ou à la perte. On refuse d’en parler. On fait comme si rien n’avait changé.

Ensuite vient la colère et(ou) la culpabilité.

« Pourquoi ça m’arrive à moi ? se dit-on, « ce n’est pas juste ! ». Parfois on essaie de trouver un « coupable » pour justifier sa colère.

A moins qu’on ne la retourne vers soi et qu’on ne culpabilise pour une raison ou une autre : « si j’avais fait ou dit.. cela ne serait pas arrivé ! »

Puis on tombe dans la dépression, la tristesse

on n’a plus la force de réagir.

Parfois on a un sursaut, c’est la phase de marchandage (ou de négociation):

« Mon Dieu, s’il guérit, je promets telle ou telle chose. »

Puis vient la phase d’acceptation

On accepte la situation, on laisse aller le passé

On retrouve la sérénité, un sens à sa vie. la vie peut reprendre son cours.

 Tout cela ne se fait pas en un clin d’œil !

Il est important de se recentrer sur soi.

De se donner la permission de pleurer tout son saoul quand on en éprouve le besoin.

Des larmes ou une douleur refoulées peuvent engendrer un dépression des années après, voire des maladies.

Il faut accepter le processus.

Se donner du temps être patient et bienveillant à l’égard de soi-même , se cocooner, consoler l’enfant intérieur

Se distraire, s’occuper, sans acharnement, sans frénésie (« pour oublier »)

Ne pas trop rester seul(e)

Regarder des photos, se rappeler les bons moments

Et surtout ne pas laisser le deuil devenir pathologique.

Si au bout d’un an, on s’enferme de plus en plus dans le chagrin ou la dépression, il faut consulter un spécialiste.

Le deuil est vécu différemment selon les croyances ou les religions

Les signes du deuil pathologique

 Bien que douloureuse et prolongée, l’expérience du deuil s’inscrit habituellement dans un processus psychologique normal. Il est toutefois des deuils pathologiques ou compliqués qui sont source de souffrance et de désadaptation marquées, en raison d’une perturbation du processus de deuil, ou de la survenue d’un trouble psychiatrique : épisode dépressif majeur, surtout, mais aussi, parfois, trouble anxieux. Ces complications justifient la mise en œuvre précoce d’un soutien psychologique pour les plus vulnérables des endeuillés et d’un traitement adapté en cas de trouble psychiatrique.

Le deuil dure en moyenne de 6 mois à un an.

Le deuil compliqué :

Mais il arrive que le deuil soit anormalement difficile ;et dure plus longtemps ; on parle alors de deuil compliqué.

Le deuil peut parfois engendrer la maladie, on parle alors de deuil pathologique

Aux Etats-Unis, Horowitz et al. (1997) ont proposé des critères pour le diagnostic d’un trouble, comparable à ces deuils inachevés et distinct de la dépression, qu’ils intitulent « Deuil compliqué » (« Complicated grief disorder »).

D’après ces critères, le sujet continue à éprouver plus d’un an après le décès « d’intenses pensées intrusives, de violents assauts émotionnels, d’ardents et pénibles désirs (en relation avec le défunt), un sentiment de solitude et de vide excessifs, un évitement disproportionné des activités rappelant le souvenir du décédé, des troubles du sommeil inhabituels, une importante perte d’intérêt pour les activités personnelles » (Horowitz et al., 1998).

Comment mieux supporter la douleur

Le deuil provoque l’impression d’un arrachement d’une partie de nous-même

 Créez votre rituel

Je vous suggère, pour les deuils qui ne sont pas occasionnés par un décès, de créer un petit rituel.

L’objectif  est de remercier la situation passée pour tout  ce qu’elle vous a apporté, de vous rappeler les bons moments.

Vous allez créer un symbole : une pierre, un poème, un dessin, un bout de tissu, qui représente pour vous la situation passée et choisir un endroit pour l’enterrer, le brûler ou le jeter à la mer. Ensuite mettez-vous debout et ouvrez les bras pour  d’accueillir mentalement avec confiance ce qui viendra.

Sachez que plus vite vous acceptez la situation présente, moins vous souffrirez.

Mais il ne faut pas chercher non plus à trop forcer les choses. Respectez votre rythme.

Se recentrer par la respiration.

Aussi souvent que possible, respirez profondément. C’est efficace pour

calmer vos émotions.

Accueillir la douleur,

ne pas lui résister, laisser passer les vagues, les laisser vous traverser. (imaginer un nuage qui vous traverse et s’éloigne)

Pleurer autant que nécessaire 

ne pas essayer de se raisonner, de lutter, d’être fort à tout prix.

La douleur est légitime et non honteuse, même s’il s’agit d’un animal (dans ce cas, partager avec d’autres personnes qui aiment les animaux)

Dormir suffisamment

Se nourrir sainement

Boire beaucoup d’eau

Reprendre progressivement ses occupations préférées.

Marcher ou faire du sport (cela déclenche les endorphines, hormones du bien-être)

Parler avec des amis

Être convaincu que cela ira de mieux en mieux

Le répéter comme un mantra

Enfin, je le répète, si cela dure trop longtemps, consulter un spécialiste !

Ps : J’ai moi-même été membre de l’association Elizabeth Kubler -Ross France et j’ai été fondatrice et présidente d’une association d’accompagnants bénévoles pour les personnes en fin de vie et  leur famille. 

Avec coeur et enthousiasme !

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